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PAD, DCP, ARPP : livrer un spot publicitaire sans refus

Normes PAD, encodage DCP, avis ARPP, délais régie : ce qu'il faut pour livrer un spot publicitaire conforme sans faire sauter la campagne.

3 août 2026

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par Lounis AISSAOUI

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6 min de lecture

PAD, DCP, ARPP : livrer un spot publicitaire sans refus

Le montage est validé, le client a signé, l'espace publicitaire est acheté. Il ne reste qu'à livrer un spot publicitaire à la régie. Vous exportez un master, vous l'envoyez, et le fichier revient refusé quatre jours avant l'antenne.

Motif : niveau sonore hors norme, encapsulation non conforme, ou avis ARPP manquant. Ce scénario arrive plus souvent qu'on ne le croit et il coûte cher. Un espace acheté ne se décale pas. Si le fichier n'est pas conforme dans les temps, la campagne saute ou passe en procédure d'urgence facturée.

Livrer un film publicitaire n'a rien à voir avec livrer une vidéo. C'est une chaîne technique et réglementaire, avec ses guichets obligatoires, ses valeurs chiffrées et ses délais fermes. Voici comment elle fonctionne en France, en télévision comme en salle.

Un master n'est pas un PAD

Le PAD, pour prêt à diffuser, désigne le fichier final conforme aux normes du diffuseur. C'est l'équivalent audiovisuel du bon à tirer en imprimerie.

Un ProRes qui passe parfaitement sur YouTube ne franchit pas un contrôle qualité broadcast. Les diffuseurs français ont volontairement restreint les libertés du format pour recevoir des fichiers strictement identiques d'un annonceur à l'autre. Le cadre de référence est la recommandation technique CST-RT-040-TV, établie par la CST avec la FICAM et le HD Forum, en liaison avec l'EBU.

Chaque régie publie ensuite ses propres conditions techniques. Elles se ressemblent beaucoup, mais elles ne sont pas interchangeables. On lit les specs de la régie concernée avant l'export, jamais après.

Sans avis ARPP, rien ne part

PAD, DCP, ARPP : livrer un spot publicitaire sans refus : photo 1

Tout film publicitaire destiné à la télévision ou à un service de médias audiovisuels à la demande passe par un avis préalable obligatoire de l'ARPP. Les régies se sont engagées à ne diffuser aucun spot qui n'en dispose pas. Pas d'avis, pas d'antenne.

Deux règles que les annonceurs découvrent souvent trop tard.

L'ARPP examine une version prête à être diffusée. Un fichier de travail, un watermark oublié ou un décalage son fait tomber la demande.

L'avis favorable est rattaché à un identifiant de film unique. Si vous modifiez le spot après coup, même sur un seul plan, il faut resoumettre. L'avis ne se transfère pas d'une version à l'autre.

Comptez 1 à 3 jours ouvrés selon le niveau d'urgence retenu. Plusieurs secteurs imposent des mentions obligatoires, notamment l'alimentaire, l'automobile et les paris sportifs. Elles doivent être présentes et lisibles dès la première soumission. Sur les produits de santé, une validation ANSM peut s'ajouter en amont et allonge encore le calendrier.

Les chiffres qui font refuser un PAD TV

Le signal vidéo attendu par la plupart des régies françaises reste du HD 1080/50i en 4:2:2, ratio 16/9, encapsulé en MXF selon le profil retenu par les diffuseurs. Les zones de sécurité pour les logos, packshots et mentions écrites suivent la recommandation EBU R95.

Côté son, c'est là que ça coince le plus souvent. Le loudness doit respecter la norme EBU R128, avec une cible de -23 LUFS et une tolérance de plus ou moins 1 LU. Le true peak reste sous -3 dBFS et la plage de dynamique se tient généralement entre 5 et 20 LU. Un mixage calé à l'oreille sur une enceinte de bureau ne passe pas ce contrôle.

PAD, DCP, ARPP : livrer un spot publicitaire sans refus : photo 2

Ajoutez les règles de bornage : un seul contenu par fichier, timecode démarrant à 00:00:00:00, continu, sans décrochage. Ce sont des motifs de rejet automatique, sans discussion possible avec le diffuseur.

Livrer un spot publicitaire aux régies : cinq jours ouvrés

Depuis 2016, les régies membres du SNPTV imposent le passage par une plateforme de livraison dématérialisée, en pratique Peach ou Adstream. Vous n'envoyez pas un lien WeTransfer à une chaîne.

Le délai est stable et il ne se négocie pas : les éléments doivent être livrés au plus tard cinq jours ouvrés avant la première diffusion. Chaque film porte un identifiant de campagne qui le suit sur toute la chaîne, du dépôt à la mise à l'antenne.

Ces plateformes sont facturées. Ordre de grandeur constaté sur le marché : environ 75 € HT pour un envoi standard et 150 € HT en express. Les frais techniques de mise à l'antenne facturés par certaines régies vont de quelques centaines d'euros à près de 2 000 € selon le nombre de versions et de destinations. Ces montants bougent, faites-les confirmer par votre régie au moment du plan média.

Le cinéma joue avec d'autres règles : le DCP

Pour une diffusion en salle, le livrable n'est pas un PAD mais un DCP, Digital Cinema Package, conforme aux normes DCI. Image en JPEG2000, audio en WAV 24 bits le plus souvent en 5.1, en 2K ou 4K, l'ensemble encapsulé avec ses métadonnées.

Comptez 300 à 800 € HT par version encodée, prix indicatif constaté. Un spot mixé en stéréo demande une adaptation multicanale, et le DCP se vérifie en projection avant envoi à la régie. Mediavision couvre l'essentiel du parc français, aux côtés de Canal+ Brand Solutions et de quelques régies indépendantes.

PAD, DCP, ARPP : livrer un spot publicitaire sans refus : photo 3

Un point que beaucoup négligent : un spot pensé pour la télévision ne tient pas toujours sur grand écran. Le niveau de détail est amplifié, le son occupe tout l'espace, et un message chargé en texte devient illisible. Si le cinéma figure au plan média, il se décide avant le tournage, pas au moment de la livraison. Notre approche du sujet est détaillée dans tourner une publicité en 2026.

Le rétroplanning réel

Prenez une première diffusion fixée un lundi. Le fichier doit être chez la régie le lundi précédent. L'avis ARPP doit être obtenu avant cette date, sur une version définitive, ce qui recule le gel du montage de deux à trois jours ouvrés supplémentaires.

En remontant la chaîne, l'image doit être verrouillée une bonne semaine et demie avant l'antenne, mixage et étalonnage compris. C'est ce décalage qui surprend les annonceurs : le film est terminé bien avant la date qu'ils avaient en tête. Nos repères sur les délais de post-production donnent le détail étape par étape.

Ce qu'il faut retenir

Trois portes à franchir avant la diffusion : l'avis ARPP sur une version définitive, un fichier conforme aux normes du diffuseur, un dépôt cinq jours ouvrés avant l'antenne. Le cinéma ajoute une quatrième porte avec le DCP et son encodage dédié.

Livrer un spot publicitaire dans les règles ne s'improvise pas la semaine de la diffusion. Cela se planifie au moment du devis, avec une date de gel du montage écrite noir sur blanc dans le calendrier de production.

Nous produisons et livrons des spots conformes TV et cinéma, du tournage au dépôt régie : voir notre service publicité (https://alfproduction.fr/services/publicite). Pour caler un rétroplanning sur une date de diffusion précise, parlons-en

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Lounis AISSAOUI

Réalisateur & Producteur

LinkedIn →

Lounis Aïssaoui est un réalisateur, producteur et auteur parisien, titulaire d'un master en management de la qualité. Il opère à travers ALF Production et Fondation (Groupe Athéna), couvrant fiction, clips et publicité, avec trois courts métrages primés en festivals.

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